LIVE NIRVANA INTERVIEW ARCHIVE November 21, 1991 - Paris, FR

Interviewer(s)
Anne Catherine
Vivian Vog
Interviewee(s)
Kurt Cobain
Publisher Title Transcript
Aligre Radio Helter Skelter TBC
Hyacinth Nirvana Yes (Français)

TBC

Qui aurait pu imaginer il y a deux ans la formidable aventure qu'allait vivre NIRVANA en 1991? Ni vous, ni nous je suppose, car même en re-disséquant méticuleusement leur premier album "Bleach", solide et basique, façonné selon les plus purs plans "Sub Pop" c'est à dire dans du mortier compact et volumineux pétri de mains de punk-rocker par de charmants garçons de la région de Seattle convertis au hard '70s nous étions loin de penser que les prémices d'un grand album d'un disque pouvant dépasser les frontières du circuit underground étaient déjà contenus dans cette oeuvre. Au début petits seconda de MUDHONEY et TAD, aujourd'hui installé aux côtés de SONIC YOUTH sur le banc du "succès" de l'énorme compagnie Geffen, NIRVANA a littéralement surpris et grillé tout le monde. Comment en sont ils arrivés là, et qu'ont-ils de plus que leurs ex compagnons d'écurie, me direz vous, pour avoir ainsi attiré sur eux l'attention de tant de gens?

Peu et beaucoup à la fois, vous répondrais je en termes normands. Peu, parce qu'ils sont simples et loin d'incarner tous les clichés de stars, de l'habillement très sobre à l'attitude et aux propos à mille lieues du comportement répugnant de l'artiste mégalo et poseur de hase. Que pouvons nous alors concrètement leur reprocher? Sans doute ce qui en matière de rock'n'roll revêt une importance proche du niveau zéro, c'est à dire la technique musicale pure. En effet, pas besoin d'être agrégé de musique pour remarquer que les membres de NIRVANA n'ont rien de grands virtuoses. L'étroitesse relative de leurs capacités techniques serait de mon point de vue la seule pierre que pourraient leur lancer de possibles détracteurs (en éliminant l'idée que certains désabusés leur reprochent le fait de ne pas avoir garde le format intégral "underground"). Mais en retenant un tel argument, le hors sujet vous guette. Pas besoin de se compliquer la vie pour la rendre agréable… simples comme bonjour les mélodies de NIRVANA suffisent à le prouver. Il n'y a qu'à constater, elles sont assez souvent bâties à partir des mêmes accords. Alors où déceler la faille dans un mécanisme si efficace d'apparence? En cherchant bien vous trouverez surement, mais d'après moi ces mecs disposent de l'arsenal nécessaire et suffisant à l'accomplissement d'un GRAND disque de rock. Ils possèdent avant tout les aptitudes "pop" requises (un se souvient déjà d'esquisses séduisantes avec le morceau "About a girl" sur "Bleach" et du 45 tours "Sliver"), tonifiées de vertus enivrantes, entêtantes et stimulantes. Et voilà ce que j'insinue lorsque je dis qu'ils "possèdent beaucoup". Ces courants harmoniques ondulent crescendo entre l'insolence de la voix gutturale et gracile de Kurt (au timbre très sensuel) et l'âpreté d'une rythmique imposante et omniprésente prête à s'embraser à tout instant. Comme touché par la grâce, NIRVANA pratique désormais une pop bagarreuse, resplendissante d'éclats de génie innocents, balancée entre les mélodies romantiques typiquement américaines à la R.E.M, la rugosité et la monstruosité (surtout sur le flanc "basse") d'un son actuel à la PIXIES et la potentialité guitaristique d'un early hard rock complètement vidé de ses facéties grandiloquentes. Un amalgame qui n'en paraît pas un, tant les éléments semblent se coordonner en toutes affinités et avec unité, comme s'ils avaient toujours existé pour être mariés. Imparable, cet album entre directement au panthéon des grands morveux du Rock yankee.

Un bon coup de NIRVANA contre toutes les grandes mauvaises odeurs du rock business, cela ne pourra qu'assainir l'atmosphère et quel que soit l'impact commercial de ce disque, nous ne pouvons que nous réjouir de sa percée médiatique!… Adieu veaux, vaches, cochons et boue de Seattle, le tapis rouge vous est aujourd'hui déroulé même par les plus incrédules journaleux de la presse bien pensante qui il n'y a pas si longtemps vous traitez encore comme des malpropres! Une volte face à la mesure du talent de NIRVANA.

C'est dans un hôtel parisien que nous avons eu l'immense bonheur de bavarder pendant plus d'une heure et demie avec Kurt et Chris, (c'est Kurt, le chanteur, qui répond). Plus avenants qu'à travers les interviews données aux "officiels", nos 2 compères nous sont apparus détendus et prêts à jouer honnêtement le jeu. L'intégrale…

Les gens sont complètement fous de NIRVANA; si on nous avait dit cela il n'y a pas si longtemps nous ne l'aurions pas cru. Vous vous attendiez à un tel succès?

Non, pas du tout. Mais nous avons vu la situation évoluer pendant ces deux derniers mois: chaque fois que l'on jouait il y avait plus de monde que la fois précédente. Les gens venaient de plus en plus nombreux. C'est quand mémo surprenant car on n'a jamais fait vraiment de pub, Geffen n'a pas décidé d'investir de l'argent pour augmenter les ventes, ils ne voulaient pas le faire rentrer dans les charts.

Quelle a été la clef de votre succès, à ton avis? Vous ne pensez pas que les médias ont joué un rôle?

Le fait qu'on ait signé avec une major y ait certainement pour beaucoup. Toutes les radios commerciales des Etats Unis ne passent que des groupes qui sont sur des majors. En plus j'ai le sentiment que notre musique a plu aux responsables de ce qui passe sur ces radius, je pense qu'on a eu de vrais fans parmi ces gens là, et donc cela s'est répandu comme une traînée de poudre aux Etats Unis.

Quelle est votre attitude vis à vis de votre succès? Est ce qu'il y a des groupes auxquels vous ne voudriez pas ressembler plus tard? (Kurt nous a raconté qu'ils ont été accueilli à l'aéroport par une magnifique limousine qui les a amenés jusqu'à Paris. Cela les avait marqués!)

Je ne pense pas que l'on puisse devenir un jour ce que l'an ne veut pas devenir, nous avons suffisamment do contrôle sur ce que nous faisons. On ne va certainement pas devenir des GUNS N' ROSES ou autre chose dans le genre, si c'est ce que tu veux dire (rires). C'est facile d'arrêter ai tu n'aimes plus ce que tu fais. Nous jouons ensemble parce que nous sommes de bons copains et que nous aimons écrire des chansons, mais nous avons suffisamment de bon sens pour savoir quand on arrêtera d'écrire de bonnes chansons. Beaucoup de groupes ne, savent pas cela et continuent de tourner pendant des années. Si un jour notre groupe devient trop important, je veux dire si cela devient un métier on pourra toujours arrêter, changer de nom et jouer autre chose.
Les tournées que nous avons faites aux Etats Unis il y a deux mois ont été très éprouvantes, il y avait sana arrêt des gens qui nous demandaient des autographes. La seule façon de me calmer pendant cette période, c'était de me soûler tous les soirs. Tu sais… lorsque tu joues devant un public de 10 ou 20.000 personnes cela devient très impersonnel. Les gens sont loin de nous, on peut à peine voir leurs visages. On nous a prévenus récemment que lorsque nous retournerons aux Etats Unis nous devrons faire quelques grand concerts, et cela ne nous enchante pas. Pourtant nous avons joués dans quelques concerts encore plus grands, à Reading et ailleurs, et ce n'était pas aussi froid, on s'est bien amusés. C'est la même chose pour les interviews, jusqu'au début de l'année on n'avait donné qu'une dizaine d'interviews aux Etats Unis, pour des fanzines. Maintenant on doit même en faire pour des magazines de heavy metal!

Il y a quelques temps vous avez participé à un concert pour la légalisation de l'avortement, avec quelques autres groupes. Est ce que vous défendez d'antres causes?

Ce concert n'était pas pour l'avortement mais pour le "libre choix". Aux Etats Unis il y a beaucoup de courants de droite qui veulent abolir certains droits, par exemple l'avortement. Nous avons fuit ce concert pour aider les organisations qui luttent contre ces courants. Certaines d'entre elles sont anarchistes, d'autres plus officielles. Nous les aidons mais noua ne voulons pas faire cela tout le temps, nous ne voulons pas apparaître comme un groupe féministe ou politiquement engagé.

Je vous ai vu à un concert aux Etats Unis cet été, et j'ai été surprise de voir que les gens qui avaient moins de 21 ans ne pouvaient pas y assister.

Oui, cette loi est stupide. C'est surtout dommage pour les groupes underground dont le public est surtout composé de jeunes. Il y a beaucoup de groupes punk qui ne sont pas assez connus pour assurer un vrai concert et qui doivent se contenter de jouer dans des bars, et ce n'est pas comme cela qu'ils vont faire parler d'eux. Nous, nous avons un public suffisamment large pour pouvoir faire ce que l'on veut et nous avons choisi de faire des vrais concerts, nous ne jouons plus dans les bars. Nous avons fait quelques bars en Europe, mais ici la limite d'âge est moins importante.

Est ce que tu penses que cette loi va changer?

Non, elle ne va pas changer. Mais en général lorsqu'un groupe joue dans un de ces endroits c'est un choix qu'il fait. FUGAZI a toujours refusé de jouer dans ces bars par exemple, mais ils sont tellement populaires qu'ils peuvent attirer suffisamment de monde et jouer dans de plus grandes salles où tout le monde est admis. Ce n'est pas le cas de la plupart des groupes, il ne peuvent espérer qu'un publie de 100 ou 200 personnes et ils doivent jouer dans les bars.

Ne considérez vous pas le fait d'avoir signé avec Geffen comme une sorte de trahison?

(énervé) Non, pas du tout, noua n'avons pas été achetés, nous gagnons très peu d'argent par rapport aux autres groupes qui sont chez eux. Nous ne recevons que l'argent provenant de la vente de nus disques, alors que beaucoup de groupes reçoivent des avances faramineuses de la part de leurs maisons de disques, cela va parfois jusqu'au million de dollars. Si les disques se vendent mal et si le groupe arrête au bout d'un an, ses membres doivent passer le reste de leur vie à travailler dans une station service pour rembourser leur label. Il y a des labels qui nous ont proposé une fortune mais nous avons refusé, ils ne comprennent rien aux groupes underground. Nous sommes très bien chez DGC. Nous voulions être sûrs que nos disques étaient bien distribués, parce que nous en avions assez de voir tous ces gens venir nous trouver à la fin du concert pour noua dire qu'ils ne savaient pas où les acheter!

Continent avez vous eu l'idée d'aller les voir?

Oh, en fait ce sont eux qui sont venus vers nous, comme les autres labels, et nous sommas passés faire un tour à leurs bureaux. C'est une sorte de communauté. Ce n'est pas du tout une grande tour au milieu de la ville, c'est seulement une grande maison. En fait la principale raison qui noua a poussé à aller chez eux est que leur département alternatif est dirigé par des types qui viennent de petits labels comme SST. Ils connaissent bien le milieu. El puis il y a SONIC YOUTH, qui a signé avec eux il y a un an déjà.

Que penses tu de tous les pirates de NIRVANA? il y en a beaucoup.

Je n'ai rien contre le fait que les gens enregistrent nos concerts, par contre je ne supporte pas l'idée que certaines personnes arrivent à payer leur loyer et leur bouffe simplement grâce à nous. Quand je pense qu'on fait vivre tous ces connards! En plus, ils enregistrent des morceaux inédits qui doivent être enregistrés sur les futurs albums. Lorsque tu achètes un nouveau disque et que to connais déjà toutes les chansons parce qu'elles figurent sur des pirates, il n'y a plus de surprise!

Tu as dit une fois que la principale chose qui fait la musique de NIRVANA c'est la mélodie?

Mmm, je ne sais pas. J'ai dit cela? C'est surtout le feeling qui importe. Ce n'est pas parce qu'une musique est complexe qu'elle est bonne. Les PIXIES ont beaucoup de feeling par exemple.

Qu'est ce que vous pensez des groupes qui débutent et qui commencent parfaire du bruit et par hurler sans se préoccuper de la mélodie et du feeling?

Je pense que c'est génial (rires). C'est comme ça que tout le monde devrait commencer à faire de la musique, c'est le meilleur moyen de se faire des copains, de continuer à jouer et de prendre son pied, et de faire de nouvelles chansons. Tu sais, lorsque j'ai commencé à jouer de la guitare je voulais devenir quelqu'un de très bon, comme Jimmy Page. Je n'arrêtais pas de travailler mes solos. Et puis te punk est arrivé, et pour le punk la technique n'avait aucun sens, c'était tout le reste qui importait.
La mélodie est importante maintenant dans la musique de NIRVANA, parce que nous avons progressé, mais ce n'est pas l'essentiel. L'essentiel c'est de s'amuser, de vivre sa passion.

Qui a eu l'idée de la pochette de "Nevermind"?

C'est moi, j'avais vu un documentaire qui montrait des bébés dans l'eau. J'ai téléphoné à Geffen pour leur demander s'ils pouvaient faire une photo dans ce genre il fallait trouver un bébé! L'idée d'y ajouter un billet de banque est venue après.

Tu as d'antres passions que la musique?

Oui, bien sûr! La peinture, le dessin, la poésie. J'écris de la poésie. Par contre je n'aime pas vraiment les autres poètes: à part Burroughs, Bukowski et le français là, comment prononcez vous son nom déjà: Baudelaine, Bauledaire… Ha ha ha!

Tu voulais faire de les musique lorsque tu étais jeune?

Oui, je voulais déjà jouer dans un groupe lorsque j'étais gamin. Mes parents n'aiment pas du tout la musique, ils voulaient que j'intègre une grande école. Mais moi je voulais faire du rock! J'écoutais les BEATLES et les MONKEES et rien qu'eux. Après 12 ans je suis passé au hard rock, avec LED ZEP, BLACK SABBATH. A 16 ans le punk. Et puis finalement tout un tas de genres de musiques. Cela m'a pris du temps de réaliser que finalement j'aimais tous les styles. Je crois avoir suivi le même chemin que beaucoup de personnes.

Effectivement… Qu'est ce que tu penses de la religion aux Etats Unis, et de la place qu'elle occupe dans les médias, les chaînes de télévision en particulier?

Je suis totalement contre ces organisations religieuses qui manipulent les gens à travers les médias, particulièrement les gens dépressifs. C'est comme ces groupes punks qui réussissent à coaliser un grand nombre de gens dépressifs ou animés d'une certaine violence. Mais je crois que la religion peut être utile dans certains cas, pour les personnes qui sont au bord du suicide et pour lesquelles elle constitue une dernière chance.

Qu'est ce qu'il y a de pire dans le monde humain pour toi?

La société de consommation. Elle nous oblige à posséder tout un tas de choses, des trucs dont nous n'avons pas vraiment besoin mais qu'il faut que l'on ait, on noua fait croire que l'on en a besoin. On vs nous accuser d'être hypocrites car on a signé avec une major, mais nous avons lait cela pour être surs que les gens trouvent nos disques…

Crois tu que l'on puisse tin jour atteindre le nirvana, où est ce que tu crois que c'est une légende? Cela t'est il déjà arrivé?

Ouaouf! Euh… oui, peut être lors de certains concerts… On se sent complètement hors de soi, on ne sait plus où on est, on ressent une énergie incroyable en soi. Si tu veux arriver au nirvana, je ne le conseille pas mais si tu prends ça de cocaïne et que tu te l'injectes dans les veines… Ha ha ha!

Qu'est ce qui est le plus vulnérable chez toi? Y a t'il quelque chose qui te fait perdre totalement confiance en toi?

Ah, j'ai un bon exemple. Il y a quelques semaines nous avons fait un concert et il y a eu des personnes dans la salle qui nous ont accusé de trahison. J'ai eu un sentiment de culpabilité très fort, il y avait une grande tension entre nous et ces gens là. Mais sinon… je suis comme tout le monde, il y a des moments où je me sens fort et d'autres où je déprime complètement, sans raisons particulières. C'est normal. Je ne me sens jamais totalement perdu, j'ai beaucoup de copains, je m'entend bien avec ma famille… Je n'ai jamais pensé que personne ne m'aimait et encore moins à me suicider.

Est ce que cette confiance en soi a quelque chose à voir avec les paroles de vos chansons? Elles sont meilleures dans le dernier LP.

Oui… (il réfléchit) Oui, sans doute, mais cela doit se sentir plus dans les chansons que dans les paroles. II y a quelques anisées j'étais plus angoissé que maintenant: il y avait moins de monde pour nous dire "j'aime ce que vous faites". Je ne veux pas dire que nous recherchions le succès absolument, mais seulement une sorte de reconnaissance. Ces deux dernières années ont été très bonnes pour moi, je passe sans arrêt par des tas de sentiments alors qu'avant je ne connaissais que l'agressivité. En fait je voulais faire un disque plein de joie et non pas rempli de haine. Je veux même que les prochains aillent encore plus dans ce sens, au risque d'être carrément ridicules. Ou alors peut être qu'ils seront complètement défaitistes… On peut aussi donner une humeur particulière à chaque album, pourquoi pas!

C'est quoi pour toi une très belle chanson?

Une chanson est belle lorsque c'est bon! Je me sens parfois complètement fou de joie lorsque j'écoute une chanson des PIXIES nu des BREEDERS, des fois même j'en pleure (Kurt est également un fan de BEAT HAPPENING. Il a d'ailleurs comme tatouage le logo de leur label K records). Mais ces chansons là sont rares. J'aime beaucoup le dernier TEENAGE FANCLUB, nous avons eu la chance de pouvoir l'écouter six mois avant tout le monde parce qu'ils sont sur le même label que nous.

Ils sont à Paris aujourd'hui pour la prom…

Quoi? Ce soir? Où ça?!! (le bassiste vient vers nous et se met à faire des bonds lorsqu'on lui apprend que les TEENAGE FANCLUB sont à Paris en ce moment) Nous aimons tellement leur musique qu'on veut faire une tournée avec eux. Ils sont géants!

Il n'y a pas des moments où tu te sens hors du monde?

Peut être. Je ne suis jamais parvenu à comprendre pourquoi tant de gens veulent absolument être "normaux", ça me dépasse. Comment peut on être heureux avec juste une télévision? D'un autre coté je me sens plus intégré dans le monde maintenant que quand l'étais adolescent. Il y a cinq ou huit ans j'habitais dans une petite ville un peu renfermée et je n'avais pas de vrais amis, je veux dire des gens sur lesquels je puisse compter.

Y a t'il un pays où tu aimerais vivre plus tard, en dehors des Etats Unis?

Je ne pense pas rester aux Etats Unis toute ras vie. J'irais peut être en Irlande ou en Ecosse... J'aime beaucoup l'Irlande. J'aime bien la France aussi, ruais ce qui est dommage, c'est que l'on ait jamais le temps de rester quelque part lorsque l'on fait des tournées. On arrive dans la journée, on joue la nuit et le lendemain on repart.

Eu tu d'accord avec le gouvernement de ton pays?

Non, pas du tout: il ne se préoccupe que de ses intérêts immédiats sans penser aux générations suivantes. Ce doit être comme la plupart des autres gouvernements, d'ailleurs. La guerre du golfe nous a ramené trente ans en arrière. Le mouvement hippie voulait lutter contre le conformisme imposé par le gouvernement, maintenant les hippies ont disparu, on retourne vers la mentalité des années 50. C'est marrant comme les gouvernements peuvent utiliser le patriotisme comme une vertu pour imposer aux gens d'avoir de bonnes moeurs. Je n'ai pas compris les patriotes qui ont supporté les soldats américains dans la guerre du golfe.

Vous avez enregistré une chanson sur une compilation pour roi label américain, CZ Records je crois?

Oui, c'était notre première démo, avant qu'on aille enregistrer chez Sub Pop. Elle s'appelait "Mexican Seafood". Quel nom stupide!

Est ce que rosis voyez souvent Jack Endino?

Nous l'avons rencontré la semaine dernière en Autriche, nous jouions le même soir, mais cela faisait bien un an qu'on ne l'avait pas vu, On s'entend bien. On a discuté du fait d'aller enregistrer quelques chansons ensemble, dans le même genre que "Bleach", avec le même son, le même matériel, etc.

L'air dernier il circulait des rumeurs selon lesquelles vous n'étiez pas satisfait de la façon dont votre album "Bleach" était enregistré, et que vous projetiez de le refaire.

Non, je pense pas qu'on le ré-enregistrera un jour, même si je n'en suis pas complètement satisfait. C'est du passé, on a mieux à faire maintenant!

En cette fin d'année 91, le groupe est un peu sur les nerfs. Il commence à avoir la haine à cause de tous les vautours qui tournent autour d'eux. C'est vrai qu'ils ont été assailli par les journalistes et en particulier par la presse anglaise particulièrement dure (Kurt tient absolument à expliquer le fait que la signature chez Geffen est une bonne chose). Il est grand temps que la tournée commencée au mois d'août dernier s'achève, car le trio d'ordinaire si énergique est crevé et vidé. Leur unique concert en France, aux Transmusicales de Rennes, a été décevant à peine plus d'une demi heure de musique, le temps de jouer sans foi quelques titres et de faire voler en éclats la guitare, la basse, la batterie et les amplis. Chris s du raccompagner Kurt, grippé, jusque aux loges. Dans une salle Omnisports inhumaine, le public adolescent(te) déchaîné n'a rien remarqué mais les fans qui les avaient déjà vu sont repartis frustrés, d'autant plus qu'une fosse de cinq mètres (pour les médias) séparait le public de la scène. Allez, reposez vous bien et revenez nous en pleine forme. A bientôt